Niger, nous sommes Juillet 2020
Le Niger est encore à la traine en matière de protection des Défenseurs des Droits Humains (DDH). Ceci malgré l’existence d’un cadre juridique. Dans le but de renverser cette tendance, une rencontre des Femmes Défenseures des Droits Humains (FDDH) et des Défenseurs des Droits de l’Homme les plus Vulnérables (DDHV) est organisée. Elle vise à contribuer à la protection des DDH en Afrique de l’Ouest. le Réseau Nigérien des Défenseurs des Droits Humains (RNDDH) assure sa mise en œuvre dans le pays. Abdoulaye KANNI, Coordonnateur du RNDDH a présidé la session. Quinze (15) participants y étaient réunis. Parmi eux, figurent onze (11) FDDH et quatre (4) hommes, DDHV. Les femmes particulièrement ont parlé de leurs expériences dans le cadre de leur travail sur le terrain.
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« Les heures des sorties et des entrées sont comptées… »
Au Niger, la femme peine à se trouver une place de choix dans la société. Les violences contre les FDDH ont atteint une proportion inquiétante. Dans l’exercice de leur fonction, ces femmes sont victimes de plusieurs formes de violences à savoir physiques, psychologiques, sexuelles… Haoua Issoufou, spécialiste des questions sur le genre, évoque d’autres formes de violences qui compromettent le travail des activistes nigériennes. Elle cite les cas de harcèlement sexuel et les intimidations. Les difficultés sont également liées au statut des femmes. La plupart d’entre elles sont dans un foyer. Elles sont assujetties à des contraintes énormes. « Les heures des sorties et des entrées sont comptées, les visites qu’elles reçoivent à domicile sont surveillées ».
La rencontre a permis d’écouter le témoignage de certaines FDDH au Niger, notamment, sur les cas de violation. Il s’agit des coups et blessures, des répudiations, mais surtout, de la stigmatisation dont les femmes font l’objet. Si elle n’est pas basée sur un handicap ou une maladie comme le VIH/IST/SIDA, la stigmatisation se traduit au niveau du statut de la femme dans les organisations. En tant que responsables d’une organisation, les femmes sont confrontées au refus de financement ou de reconnaissance de leur structure. Les cas de violation sont nombreux. Pourtant, le Niger est signataires de plusieurs conventions qui régissent la protection des Défenseurs des Droits Humains.
Les instruments juridiques existants mais inconnus
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Haoua Issoufou cite une dizaine d’instruments juridiques qui protègent les FDDH et les DDHV . Il s’agit par exemple de la convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination a l’égard de la femme, la convention économique et sociale, la convention contre les discriminations raciales, la convention contre la torture, la convention contre les disparitions forcée. En dehors des conventions ratifiées, une loi de protection des défenseurs des droits de l’Homme est en cours d’élaboration au Niger. Mais, pour venir à bout du combat, un éveil des acteurs est nécessaire.
La nécessité pour les FDDH de se mettre en réseau
Les échanges entre les participants ont permis d’identifier les défis et perspectives pour une meilleure protection des FDDH et des DDHV au Niger. Parmi les défis, les FDDH doivent travailler dans une synergie d’action. Selon la présentatrice, il faut « la mise en réseau des femmes défenseures des droits humains ». Le Coordonnateur du RNDDH affirme également qu’ « il est temps que les femmes défenseures des droits humains se mettent ensemble pour jouer leur rôle dans le réseau ». Cette rencontre du RNDDH s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Renforcement de la Protection et de la Promotion des FDDH et des DDHV en Afrique de l’Ouest. Le Réseau Ouest-Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH) en est l’initiateur. La Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains et celle Burkinabé des DDH en sont les pilotes. Ledit programme est fiancé par le FJS (Foundation for a Just Society).